Le vieux cimetière juif de Prague

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Le vieux cimetière juif de Josefov est un incontournable a voir à Prague. C’est une des plus vieilles nécropoles juives d’Europe et ces tombes enchevêtrées et entourées par les bâtiments sont assez impressionnantes.

Historique du cimetière

Utilisé de 1478 à 1786, il est estimé à 12 000 sépultures, le nombre exact de personnes enterrés est imprécis car il y a parfois plusieurs couches de tombeaux. C’est d’ailleurs pour cette raison que les tombes ne sont pas toujours droites : le déterrement des corps inhumés étant interdit, les tombes furent serrées au plus près et empilées sur plusieurs couches.
En 1787 Joseph II émet un décret interdisant d’enterrer dans les zones habitées de la ville et signe la fin de ce cimetière.

A la Renaissance, les stèles portent le nom du défunt et des symboles concernant son nom, sa lignée ou sa profession.
Parmi les personnalités les plus célèbres enterrées ici on retrouve le religieux Jehuda Liva Ben Becalel, plus connu sous le nom de Rabbi Löw, mort en 1609 et qui est à l’origine de la légende du Golem.

Le Golem

On peut donc trouver la tombe de Rabbi Löw dans un coin du cimetière. Celui est à l’origine de la légende du Golem, un être mystique destiné à défendre la communauté des pogroms.
Golem signifie en hébreu « informe » ou « inachevé ». Il est constitué d’argile et de forme humanoïde. Il est incapable de parler et dépourvu de libre-arbitre Il est juste destiné à assister ou défendre son créateur.
Il existe différentes versions de cette histoire, en voici une : Rabbi Löw alors Maharal de Prague lui aurait donné vie en inscrivant EMET(H) (« vérité » en hébreu) sur son front et en introduisant dans sa bouche un parchemin. Après quelques péripéties que je vous laisse découvrir si l’histoire vous intéresse, Rabbi Löw retire le parchemin de la bouche du Golem qui redevient inanimé. On dit que celui-ci est entreposé dans les combles scellés de la synagogue Vieille-Nouvelle de Josefov.

Rabbi Löw et le Golem – 1899 – Mikoláš Aleš / La tombe de Rabbi Löw au cimetière Josefov de Prague

Vous pourrez trouver très facilement sur internet la légende du Golem. J’ai dû en lire 2 ou 3 dont une version édulcorée dans un livre sur les légendes de Prague que j’ai acheté sur place.

Coutumes et significations des dessins sur les tombes

On trouve souvent des images symboliques sur les pierres tombales juives.
Les symboles que l’on peut voir dessus ont bien entendu une signification : e
n plus du symbole du judaïsme, l’étoile de David, mais aussi une grappe de raisin (qui signifie la fertilité et la sagesse), des coffrets (symbole de la bienfaisance).

D’autres symboles indiquent la lignée, le nom, la profession ou la position du décédé :
Les prénoms et noms de famille des morts sont souvent symbolisés par des images d’animaux ou d’oiseaux.
Les pierres tombales indiquant Cohen (prêtre, descendant d’Aaron) représentent généralement des mains bénies alors que le symbole pour les Lévites est un pichet et un bassin.

Les animaux les plus représentés illustrent les noms de tribus particulières d’Israël. Ainsi Yehuda est comparé à un lion, Naftali à une biche, Benjamin à un loup, Efraim à un poisson, Issachar à un ours.
Cela peut également se référer à d’autres prénoms, dont la plupart ont leur origine en hébreu ou en allemand pour des animaux particuliers « héraldiques ».
Ainsi, Löb et Leibl sont symbolisés par un lion, Tsvi et Hirsch par un cerf, Zeerv et Wolf par un loup, Dov et Beer par un ours, Fischl et Karpl par un poisson.


Les images d’autres animaux et oiseaux sont principalement liées aux noms de famille.
Les symboles des métiers ou des professions semblent moins courants dans les cimetières juifs de République Tchèque. Quand c’est le cas on peut trouver par exemples des symboles comme des ciseaux pour les tailleurs, un mortier pour les apothicaires etc.
Ces inscriptions ne sont pas que décoratives, elles font l’éloge ou rappellent des faits intéressants de la vie du défunt.

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About Author

Exploratrice et photographe passionnée d’histoire, mon travail s’articule autour de 2 axes : la photographie documentaire et la photographie artistique. Je réalise des reportages sur les souterrains et lieux abandonnés dans un but documentaire et réalise des photos témoignages afin de garder une trace de ce patrimoine oublié. Mes séries de photos artistiques, réalisées dans des lieux abandonnés deviennent le décor de mises en scène où elle exprime son ressenti des lieux, les sublime et les fait renaître le temps d’une image, en mélangeant rêve et réalité afin de s’approprier le lieu.

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