La technique HDR s’est démocratisée depuis 2-3 ans et force est de constater qu’elle est devenue LA technique n°1 de rattrapage de LA photo ratée, ou bien du mauvais photographe voulant se faire passer pour un artiste. Oui je suis virulente sur le sujet, car plus temps passe, plus mes yeux se retrouvent agresser par quantité d’images plates, aux contours exacerbés et aux couleurs criardes grâce a diverses « presets » dit « artistiques ».

Souvent la luminosité est trop linéaire, tout les plans se retrouve au même niveau ce qui donne un rendu plat. Une photo possède plusieurs plans, le sujet va se détacher grâce à cela, si on n’a plus ses plans valorisés par une luminosité différente ou par la profondeur de champ, le sujet fusionne avec son environnement.

On en trouve une foule sur des groupes Flickr (attention mal de crâne garanti, mieux vaut avoir un doliprane à proximité)

hdraddicted sur Flickr
hdrterrorist sur Flickr
hdr_award sur Flickr

Quelques exemples trouver en HDR extrême (les images sont cliquables et revoient sur les sites ou galeries des auteurs) :

 

Rappelons le , le HDR sert à récupérer différentes expositions (de différentes photos), afin de sortir une image  plus homogène et équilibrée, ou de palier à des conditions difficiles. Mais pour beaucoup, c’est le passage obligé de chaque photo comme la déRawtisation.

Le challenge gagnant du photographe du dimanche : une photo ratée (cadrage inintéressant, sujet absent ou non mis en valeur, manque de dynamique et j’en passe), un petit tour dans Photomatix avec un preset artistique, on ré-hausse les couleurs histoire d’en mettre pleins les mirettes aux copains (pis de leur faire saigner les yeux par la même occasion) et on obtient fièrement un résultat qui nous donne le contentement d’être devenu un artiste pour les un, ou bien de cacher la pauvreté de sa technique ou créativité pour les autres.

Déjà notons, qu’un photo HDRisée de la sorte n’est à mon sens plus une photo mais une image (ah bon?).

Pour sortir des sentiers battus en photo ou même en graphisme, il faut en apprendre les règles (c’est ce qu’on apprend quand on suit des études artistiques), quand on connait et maitrise les règles, on peut les détourner, jouer avec, mieux les détourner aussi oserais-je dire.

La qualité principale de l’artiste c’est de reconnaitre une bonne photo, d’appréhender son potentiel, et d’en tirer un maximum. Cela ne passe pas forcément par de la retouche en post-prod, ça se joue aussi au moment de la prise de vue. Savoir reconnaitre quand on a besoin de prendre plusieurs expositions, car les conditions ne permettent pas un rendu valable, et non s’obstiner à faire 3, 6, 9 vues de chaque clichés.

Quelques exemples de HDR bien dosés :

Juste des liens pour celles ci qui sont trop grandes pour les afficher sur le site :

Très belles photos de Chicago HDR

Photo de train HDR

Au pire si l’on souhaite un HDR bien dosé, celui de base sur l’Iphone 4 est tout à fait valable (bizarrement), pas d’option (c’est donc pour ça), et le rendu est tout a fait correct. Voici quelques exemples d’image que j’ai pu réaliser :

Pour commencer dans la pratique du HDR, le mieux à mon sens, selon le logiciel est de tester les presets fournis pour se rendre compte de l’ampleur des dégâts possibles, puis de partir de zéro, en dosant avec parcimonie. En interrogeant des photographes ayant recours à un HDR modéré, juste dans un but de récupération de zones et de rendu homogène, la réponse a été qu’ils n’utilisent pas les preset fourni par le logiciel, par conséquent, tous ont été un temps soit peu curieux de comprendre comment ça marchait et on pris le temps d’apprendre à s’en servir.

Pour apprendre le HDR il existe bien entendu des livres :

« Photographie HDR : des photos hors du commun » de Pierre-Henry Muller aux Editions Dunod, et son site internet aussi explique pas mal de choses sur cette technique.

« HDR : Vers la maîtrise des contrastes extrêmes » de Mickeal Freeman

Sinon il reste les tutoriaux sur internet :

Tutorial HDR sur Fill-in

Un petit article sympa qui résume bien l’utilisation du HDR aujourd’hui.

Pour conclure, car quand même, malgré l’aspect assez négatif que j’affiche dans cet article, j’en utilise pas moins cette technique, avec des choix plus ou moins heureux également,  malgré mes recherches, certaines photos donnent un rendu trop poussé et parfois il est dur de ne pas en avoir un.
Il y a un aspect graphique non négligeable, accentuer un joli ciel et renforcer sa matière, faire ressortir des détails (mais pas trop), mais éviter de trop pousser au départ…d’ailleurs on s’en lasse vite de ce type d’image et le succès de la technique rend finalement ce rendu banal, à vous de voir !

Partager.

Auteur

Exploratrice et photographe passionnée d’histoire, mon travail s’articule autour de 2 axes : la photographie documentaire et la photographie artistique. Je réalise des reportages sur les souterrains et lieux abandonnés dans un but documentaire et réalise des photos témoignages afin de garder une trace de ce patrimoine oublié. Mes séries de photos artistiques, réalisées dans des lieux abandonnés deviennent le décor de mises en scène où elle exprime son ressenti des lieux, les sublime et les fait renaître le temps d’une image, en mélangeant rêve et réalité afin de s’approprier le lieu.

2 commentaires

  1. J’aime beaucoup l’idée que tout photographe devrait avoir en tête et qui est présente dans votre article : il faut avant tout maîtriser le structuré avant de se lancer dans le déstructuré. Je suis bluffé par les rendus possibles du HDR mais cela ne doit pas se faire au détriment du sujet de la photo ou bien pour cacher son absence.

Laisser une réponse

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.