L’abri FFI (Force Française de l’Intérieur)

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Le 25 aout 2019, 75 ans après la fin de l’occupation de la capitale, est inauguré le nouveau Musée de la Libération de Paris. Le premier était à Montparnasse, mais celui-ci change de lieu afin de pouvoir faire découvrir au public un lieu mythique : le poste de commandement des FFI du Colonel Rol-Tanguy d’où a été coordonnée l’insurrection de Paris en aout 1944.

Le Colonel Henri Rol-Tanguy

Henri Tanguy, dit « Colonel Rol-Tanguy », est né le 12 juin 1908 à Morlaix et mort le 8 septembre 2002 à Paris. Militant communiste français puis membre dirigeant de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, il est connu pour avoir mené la libération de Paris de l’intérieur avant l’arrivée du général Leclerc.
Démobilisé en août 1940, il entre dans la clandestinité et organise des sabotages contre les forces allemandes. En octobre 1943, il passe à l’état-major des FFI de la « région P », qui regroupe onze départements autour de Paris. D’abord sous-chef de l’état-major, il devient le 1er juin 1944 colonel chef régional des FFI de la région Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Oise.

Inscription sur l’un des murs de l’abri – PC ROL

Rencontre déterminante avec René Suttel

René Suttel était étudiant en médecine à Paris dans les années 40. En 1943, il découvre les « catacombes » en descendant par un escalier de l’hôpital Saint-Anne donne sur une partie abri, elle-même reliée aux carrières de Paris. Accompagné la plupart du temps par son ami Jean Talairach, ils cartographièrent les carrières de 1943 à 1945. Se balader dans les catacombes pendant l’Occupation n’était pas sans tension, ils investiguèrent autour des abris allemands pour en définir les contours et les issues.
Ce travail clandestin qu’ils effectuaient les incitèrent à le rendre utile en faisant part de leur plan a une organisation de la Résistance.

Abri sous l’hôpital Saint Anne / Plan des carrières de René Suttel

Début 1944, par l’intermédiaire d’un réseau de résistance, René Suttel fait descendre et visiter les catacombes à certain Mr Morel qui s’avéra être Rol-Tanguy. Suite à cela, les FFi s’installèrent dans un abri de défense passive situé 26 mètres sous terre en dessous sous la place Denfert-Rochereau. Abri des barrières de l’Octroi (abritant actuellement l’entrée des catacombes officiels d’un côté et anciennement le siège de l’IGC- Inspection Générale des Carrières- devenu le musée de la Libération). C’est de cet abri que Rol-Tanguy dirigea l’insurrection de Paris du 19 au 23 aout 1944.

Plan du PC Rol-Tanguy © Archives de la RATP Droits réservés / Inscriptions de l’abri

L’abri des anciennes barrières de l’Octroi

Les 2 pavillons de la place Denfert-Rochereau ont été construits en 1787 par l’architecte Claude-Nicolas Ledoux. Vestiges du mur des fermiers généraux qui encerclait Paris et permettait de percevoir l’Octroi, l’impôt sur l’entrée des marchandises dans Paris.

Dès les années 1930, les pouvoirs publics redoutent des bombardements sur la capitale.
Des abris de défense passive sont alors aménagés (en caves, en carrières ou souterrain). Sous le pavillon de l’Octroi ouest, un aménagement spécifique permet d’accueillir des services publics pour assurer le fonctionnement de l’administration parisienne en cas de bombardement. Il sera utilisé par Rol-Tanguy afin de libérer Paris.

De l’abandon au musée

Lié aux carrières, l’abri FFI restera longtemps abandonné. Visité de temps à autre par les explorateurs cataphiles, on pourra remarquer çà et là des traces récentes de visite malgré le bon coup de peinture qu’il lui a été donné. Cela est d’ailleurs plutôt étrange de découvrir ce lieu chargé d’histoire entièrement repeint et propre. Seuls les contours des inscriptions historiques gardées à la vue du visiteur trahissent le lifting.

Tags restant après réfection

Malgré tout l’abri visitable n’est qu’une partie de celui-ci. On remarque sur le plan que des murs ont été érigés et qu’il reste quelques salles non utilisées. L’ayant visité de manière clandestine il y a une dizaine d’année, je m’aperçois en voulant réaliser la même photo qu’à l’époque de ma visite que je n’arrive pas avoir le même plan car gênée par un mur.

Poste téléphonique

En effet l’abri me semble plus petit que dans mon souvenir et on peut remarquer que certaines sorties ont été murées

Sortie Schœlcher murée et mur vers une autre salle également

Sortie Denfert – 2009-2019

Ce nouveau musée est dans tous les cas très intéressant et vulgarisateur de la libération de Paris. La visite de l’abri est un plus non négligeable qui rajoute à la scénographie et on a l’impression de rentrer un plus dans l’histoire.

Visiter l’abri FFI

Le musée a été ouvert le 25 aout 2019. Il est gratuit. La visite de l’abri est actuellement possible en réservant sur place. Le mieux si vous voulez le visiter est de venir a l’ouverture et de réserver votre place pour la visite (gratuite elle aussi). Dans quelques semaines, les places devraient pouvoir se réserver en ligne mais ce n’est pas le cas actuellement. Étant arrivée vers 12h30 je n’ai pu le visiter qu’à la session de 16h15.
Il est possible de le visiter en visite virtuelle ou sans. J’ai préféré sans car je voulais faire des photos et la balade dure 30 minutes.

Sources

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Exploratrice et photographe passionnée d’histoire, mon travail s’articule autour de 2 axes : la photographie documentaire et la photographie artistique. Je réalise des reportages sur les souterrains et lieux abandonnés dans un but documentaire et réalise des photos témoignages afin de garder une trace de ce patrimoine oublié. Mes séries de photos artistiques, réalisées dans des lieux abandonnés deviennent le décor de mises en scène où elle exprime son ressenti des lieux, les sublime et les fait renaître le temps d’une image, en mélangeant rêve et réalité afin de s’approprier le lieu.

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