Si les lieux laissés à l’abandon sont souvent vidés, il reste quelques éléments parfois récurrents que l’ont peut trouvé dans les pièces. L’objet chaise en fait parti et c’est le sujet de cet article.

Le symbolisme de la chaise

Ce simple meuble inventé pour l’être humain afin de le maintenir en position assise et ce de manière confortable est élément récurrent des objets que l’on peut trouver dans un lieu abandonné. Il est symbole par excellence de la présence humaine déchue.

Que se soit un endroit industriel, une habitation, un lieu de loisir, tout espace réalisé afin d’y intégré des êtres humain est muni de chaises.

Il est un symbole de la stabilité, de l’assise, du pouvoir sur la matière puisque cet objet réfléchi qui marque l’évolution du cerveau humain, nous permet une position qu’il n’est pas possible de réaliser de manière confortable et naturelle sans cet objet.

Pourtant dans notre monde actuel axé sur la performance et la mobilité, le « siège » en tant qu’objet semble être corrélé à la paresse : de moins en moins de confort dans l’espace public, il faut bouger, s’activer. Ne pas rester en place trop longtemps pour peut être ne pas trop réfléchir à sa condition d’être asservis, ne pas prendre trop de place dans un monde toujours plus encombré.

Un lieu abandonné avec une chaise n’est plus vide

Un lieu vide nous donne l’impression d’être habité dès qu’un objet se trouve dans notre champs de vision. Il l’est d’autant plus avec une chaise. Notre imagination vagabonde à la fois sur ce coté vide : pourquoi ? est ce que l’absence est temporaire ? Est la chaise du photographe ? Celle qui attend le spectateur ? Ou tout simplement l’élément déclencheur du rêve et du voyage intérieur.

Vu par certains comme un objet qui nous mets dans une position non naturelle, rendu obligatoire. La position assise est pourtant agréable pour se poser après une longue marche ou effort prolongé en position debout. On peut alors lâcher prise. Se poser. Cela peut être un instant de liberté, de plaisir de savourer le repos.

La chaise caractérise à la fois le vide et la présence. Cette une ambiguïté intéressante. Elle habille un espace délaisse par l’humain qui ne juge plus pertinente son utilisation et personnifie la présence humaine passée, sorte de totem. Cependant d’un autre coté, abandonnée, en proie au temps, elle rappelle l’abandon, ce qui a été et n’est plus.
Mais sa présence est également un espoir. Pourrait-elle de nouveau servir ? Dans sa fonction première ou dans une réutilisation idéalisée.

Cette réutilisation idéalisée l’a fait se déplacer dans des endroits où on ne l’attend pas. Déplacée au gré des visiteurs et des mises en scène, elle devient le modèle des photographes en quête d’un sujet. Elle personnifie l’humain déserteur, rappelle également l’échelle du lieu par sa seule présence.

Les image présentées ici ne sont pas le résultat d’une série mûrement réfléchie en amont, mais plutôt le constat photographique de plusieurs années (pour ne pas dire dizaines). A force de prendre des lieux abandonnés en photo de manière documentaire, des éléments reviennent de manière persistante et forme une sorte de série photographique inconsciente. Loin de réflexion qu’il est demandé à tout photographe qui souhaite s’exprimer de façon sérieuse sur un sujet, je trouve intéressant de rassembler les images autour de ce même objet et de pouvoir constater et réfléchir autour de celui-ci.

Références :

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Auteur

Exploratrice et photographe passionnée d’histoire, mon travail s’articule autour de 2 axes : la photographie documentaire et la photographie artistique. Je réalise des reportages sur les souterrains et lieux abandonnés dans un but documentaire et réalise des photos témoignages afin de garder une trace de ce patrimoine oublié. Mes séries de photos artistiques, réalisées dans des lieux abandonnés deviennent le décor de mises en scène où elle exprime son ressenti des lieux, les sublime et les fait renaître le temps d’une image, en mélangeant rêve et réalité afin de s’approprier le lieu.

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