Le relais de l’infante

0

Voici un lieu abandonné fort connu, qui malgré tout réserve son lot de surprises. Le relai de l’infante est plus proche de la ruine que du lieu en état d’abandon. Recouvert par la végétation, on devine l’ancien hôtel sous le soyeux vert du lierre. Encaissé dans la montagne à l’abri des regards, on découvre au dernier virage du chemin ce lieu à l’atmosphère particulière.

Un lieu, plusieurs vies

Le relais de l’infante était un hôtel de luxe qui fut ravagé par les flammes en 1984. Il est depuis à l’abandon.
Ce lieu semblait vraisemblablement être utilisé pour dissimuler les amours clandestines grâce à sa situation géographique vraiment discrète, entourée de montagnes et non visible depuis la route principale.
Mais avant d’être un hôtel, ce lieu a eu plusieurs vies.

Source : Delcampe.net

Tout d’abord en 1844, ce fut un établissement thermal. En effet, il fut découvert 4 sources d’eau chaude sulfurées sodiques. La première a 60 degrés alimente l’établissement mais elle est mal captée. Les 3 autres sources sont employées pour les bains et en boisson.
En 1876, une inondation détruisit l’établissement qui fut reconstruit et ferma définitivement ses portes en 1929 à cause des difficultés d’accès et parce que le fleuve le Têt subit une brusque remontée des eaux.

source : Delcampe.net

En 1941, l’établissement thermal désaffecté est vendu à un banquier Perpignanais qui le transforme en auberge de style Renaissance Espagnole. Le style est encore visible sur les ruines actuelles de l’hôtel. Revendu en 1978, un hôtel est aménagé pour compléter le restaurant et se nomme le relais de l’infante.

Source : Delcampe.net

Établissement thermal et eaux sulfureuses

Les eaux utilisées en thermalisme sont des eaux naturelles douées de propriétés hygiéniques et thérapeutiques. Ces eaux se distinguent des eaux douces par leur minéralisation. Même si l’eau est faiblement minéralisée sa température plus ou moins élevée lui confère une nature spéciale.

Il y a un rapport entre la chaleur et la profondeur de l’eau captée. Environ 3 degrés par
chaque centaine de mètres, ou 1 degré par 33 mètres – selon le livre Hygiène et thérapeutique thermale de Gérard Delfau. Les sources présentes sur le site du relais de l’infante donnent des eaux sulfurées
sodiques et sont considérées comme ayant leurs réservoirs à 2000 ou 2 500 mètres de profondeur.

Les eaux minérales sont filtrées dans la profondeur et reviennent en surface. Leur minéralisation s’effectue pendant leur trajet par les éléments fournis par les couches qu’elles traversent. Elles reviennent en surface via une excavation souterraine plus ou moins profonde et communiquant avec la surface du sol par 2 fissures. « Dans la première fissure s’insinuent les eaux atmosphériques ou même quelquefois s’engouffrent des rivières entières ; l’excavation souterraine sert de réservoir ; la seconde fissure fait office de cheminée ascensionnelle : l’ensemble constitue un siphon renversé.« – Gérard Delfau

Une exploration les pieds dans l’eau

Le lieu étant assez connu, il n’était pas étonnant de croiser des gens sur place. Un couple vient nous demander si on connaît les bains de sources chaudes le long de la Têt. Finalement les personnes croisées sont plus intéressées de trouver ces fameux bains que par la friche de l’hôtel !
On comprend mieux également le parking sauvage le long de la route dangereuse qui surplombe le lieu.
On se met donc en quête de ces bains qui font partie de l’historique du relai.
On retrouvera des personnes croisées dans la friche et bien d’autres personnes se prélassant le long de la rivière et on finira cette exploration les pieds dans l’eau.

A noter si l’exploration vous en dit de bien faire attention aux conditions climatiques. En effet, comme expliqué plus haut le lit de la Têt a tendance à monter et il est d’ailleurs noté un peu partout qu’il est dangereux de s’y aventurer. Le courant peut y être très fort et l’eau monter, il est important de ne pas y aller en cas d’orage, de pluie etc.

Sources :

Share.

About Author

Exploratrice et photographe passionnée d’histoire, mon travail s’articule autour de 2 axes : la photographie documentaire et la photographie artistique. Je réalise des reportages sur les souterrains et lieux abandonnés dans un but documentaire et réalise des photos témoignages afin de garder une trace de ce patrimoine oublié. Mes séries de photos artistiques, réalisées dans des lieux abandonnés deviennent le décor de mises en scène où elle exprime son ressenti des lieux, les sublime et les fait renaître le temps d’une image, en mélangeant rêve et réalité afin de s’approprier le lieu.

Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.