Les blockhaus / bunkers de la Ligne P

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Les bunkers de la ligne P (pour Pyrénées) est un système défensif construit entre 1939 et 1948 tout au long du versant espagnol. Des centaines de blockhaus furent construits dans la peur d’une invasion militaire par le sud de la France qui finalement ne se produisit jamais. Voici la visite de quelques bunkers près de la gare de Canfranc

La ligne P / Linéa P

La ligne P ou ligne Gutierrez, était une barrière défensive bâtie sous Franco. Elle devait se composer de quelque 10 000 bunkers, mais environ 5000 furent terminés. Cet ensemble de fortifications, reçut la dénomination de « Fortification Vallespín« , du nom du colonel José Vallespín Cobián, qui les dessina.
À l’image des fortifications Maginot en France, Siegfried en Allemagne et Vallo Alpino en italie elle ne fut d’aucune utilité. Mais Franco ayant peur d’une invasion de l’Espagne via la France fit construire cette ligne de petits blockhaus enterrés, en béton armé. Bien camouflés ils avaient pour fonction de surveiller et renforcer les points de passage.

En 1948, la frontière ouvre de nouveau. Les blockhaus restent néanmoins conservés et entretenus par l’armée jusqu’en 1960, avant de tomber dans l’oubli.

Protéger la gare de Canfranc

Ceux présentés ici ont été installés afin de protéger la gare internationale de Canfranc. Il y en a plus d’une douzaine réparties dans la forêt en bordure. Dans cette gare, on réalisait les travaux de charpente et le stockage du matériel de construction. Elle servait également de logement aux soldats qui travaillaient sur les chantiers. Depuis ce point, ils emportaient tout le matériel jusqu’au lieu de construction.

plan de situation du noyau de résistance numéro 111 avec la dénomination conventionnelle des colonies

La défense principale reposait sur le campement pour canon antichar appelé C-1, situé à l’embranchement de la vieille poste forestière de Picauvé et la prolongation « del Paseo de los Melancolicos ».

Canon antichar C-1

Sur le flanc occidental, 4 campements sont reliés par des tranchées (121 et 122) ou des galeries couvertes et escaliers. (122 jusqu’au 12-A et 12-B). On remarque une « table » centrale où était disposée la mitrailleuse :

Disposition intérieure des serviteurs de la colonie.
Mitraillette / mitrailleuse

Le flanc oriental est complété par un grand nombre de blockhaus. 4 d’entre eux visent directement les voies de la ligne de chemin de fer (12-C et 12D), alors que d’autres un peu plus loin défendent depuis une certaine hauteur. Le blockhaus le plus proche des voies comprend un accès profond avec un escalier et un mur latéral de camouflage qui donne sur le haut du tunnel. D’ailleurs le trou semble avoir été refermé depuis.

Le bunker donne sur le mur du tunnel

4 autres blockhaus se retrouvent entre la forêt et le ravin de Saman.

Ouvrage 121 (fusil mitrailleur) et ouvrage 122 (mitrailleuse). planchers (bas) et sections (haut)

Sources :

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Exploratrice et photographe passionnée d’histoire, mon travail s’articule autour de 2 axes : la photographie documentaire et la photographie artistique. Je réalise des reportages sur les souterrains et lieux abandonnés dans un but documentaire et réalise des photos témoignages afin de garder une trace de ce patrimoine oublié. Mes séries de photos artistiques, réalisées dans des lieux abandonnés deviennent le décor de mises en scène où elle exprime son ressenti des lieux, les sublime et les fait renaître le temps d’une image, en mélangeant rêve et réalité afin de s’approprier le lieu.

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