De nombreux vestiges témoignent encore aujourd’hui de la défense passive mise en place avant et pendant la Seconde Guerre Mondiale. Celle-ci assurait la protection de la population en cas de bombardements aériens. Que sont devenus ces espaces et quelle utilisation ont-ils désormais ?

La mise en place d’abris de défense passive a donné lieu au renforcement de certains bâtiments, à la construction et l’aménagement d’abris. Les caves privées et souterrains ont été adaptés en abris pour les populations civiles. Des abris ont également été construits sous des bâtiments existants ou dans l’espace public (écoles, parcs…). Ces espaces devenus inutilisés en sortant de la guerre seront complètement oubliés à partir des années 1980, détruit pour certains, réaménagés pour d’autres ou tout simplement laissés à l’abandon.
Voir des exemples de réutilisations que j’ai pu constater dans mes différentes visites d’abris.

Valorisation de ce patrimoine

Certaines municipalités ont gardé et valorisent ces abris sur leur commune. En les rendant visitables aux Journées du Patrimoine, pour des événements particuliers comme Paris Face Cachée ou autres manifestations.


C’est ainsi que le SNCF a préservé le bunker de la gare de l’Est et le rend parfois visitable. De même pour le ministère de la Santé, même si une partie sert à conserver des archives.
Récemment, l’abri FFI a été rendu visitable au public. Devenu le musée de la libération, on peut plonger dans le dédale souterrain et s’y promener.

Des espaces de rangement

Des espaces pas trop humides représentent un bon lieu de stockage. Cela vaut pour ceux possédant encore une entrée accessible via un escalier.  peut retrouver des inscriptions ou du matériel liés aux abris quand ces sous-sols n’ont pas subi de rénovation, sinon on peut les identifier par les éléments caractéristiques des abris comme les renforcements, les portes, les armatures pour les bancs.

Des lieux d’archives

Peu d’humidité et une température stable, font des anciens abris des lieux intéressants pour le stockage d’archives. C’est la fonction qui leur est le plus souvent assignée pour les abris administratifs. Finalement leur nouvelle utilisation leur permet d’être entretenus, même si des modifications sont souvent réalisées. Les anciens systèmes de ventilation, WC, prenant de la place, il arrive qu’ils soient supprimés afin de gagner de la place. Pour certains il ne subsiste que les portes étanches aux gaz, quelques inscriptions s’ils n’ont pas été entre-temps recouverts de peinture au gré d’un rafraichissement.

Les caves rendues à leur fonction première

Les caves qui ont été renforcées afin de servir d’abri, l’ont été soit par des renforcements en métal ou en bois. Malheureusement le bois vit moins bien dans le temps que le métal en raison de l’humidité et des insectes. Certaines poutres en bois sont donc démontées pour assainir le lieu ou juste pour gagner de la place. Mais très souvent, ces lieux peu visités restent en l’état avec la présence des renforcements et des inscriptions. Habitués à passer devant machinalement, beaucoup de résidents n’ont pas fait attention à ces morceaux d’histoire sous leurs yeux.

Laissés en l’état

D’autres abris ont juste été abandonnés, oubliés et parfois retrouvés via des archives, une nouvelle construction qui met à jour ce souterrain parfois non répertorié.
D’autres lieux n’ont pas trouvé d’utilité ou le besoin de réinvestir cet espace devenu vacant. On les retrouve donc en l’état avec les marques du temps

Un bunker devenu un data-center

Le data center DC4, du groupe Illiad se trouve dans un abri de défense passive. Il fut construit entre et pour le ministère des Travaux publics et des transports sous le bâtiment du laboratoire central des ponts et chaussées. Il est situé dans un vide de carrière à 26 mètres de profondeur. Il avait une capacité d’accueil d’environ 90 personnes sur plusieurs salles. En , le secrétariat général de l’aviation civile le récupère et le convertit en abri antiatomique. Il est alors agrandi afin de revoir 300 personnes pendant plusieurs mois. Certains abris administratifs comme celui-ci seront aménagés selon les dangers du moment : à savoir la Guerre Froide et la peur de la bombe atomique.
L’abri Lefebvre de son nom d’origine est abandonné en 1991 et sa proximité avec les carrières le laisse à la merci des visiteurs.


En 2012 Le groupe Online rachète le bâtiment et travaux commenceront en 2014 pour s’achever en 2017.
Pendant ce laps de temps, le bunker sera accessible pour des événements. Aujourd’hui complétement fonctionnel et rénové en data-center, on peut remarquer le carrelage blanc biseauté, caractéristique du métro parisien.

Photo Illiad –Univers freebox

 

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Auteur

Exploratrice et photographe passionnée d’histoire, mon travail s’articule autour de 2 axes : la photographie documentaire et la photographie artistique. Je réalise des reportages sur les souterrains et lieux abandonnés dans un but documentaire et réalise des photos témoignages afin de garder une trace de ce patrimoine oublié. Mes séries de photos artistiques, réalisées dans des lieux abandonnés deviennent le décor de mises en scène où elle exprime son ressenti des lieux, les sublime et les fait renaître le temps d’une image, en mélangeant rêve et réalité afin de s’approprier le lieu.

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