Confinement oblige, c’est le moment d’explorer son département et de découvrir ce qu’il y a autour de chez soi et que l’on ne va pas forcément voir quand on a la liberté de voyager. J’ai la « chance » de vivre dans le département des Yvelines, possédant une superficie importante, donc pas mal de possibilités d’exploration. Ainsi voici la visite d’une carrière privée qu’il m’a été donné de visiter.

Le calcaire du Lutécien

Ces carrières de pierre à bâtir, creusées notamment dans le banc du calcaire grossier, ont été exploitées dans la vallée de la Seine puis converties par la suite en champignonnières.

Exploitation, levage et transport des blocs de pierre – Catacombes et Carrières de Paris – René Suttel

Le sous-sol est composé de calcaire du Lutécien (anciennement appelé « calcaire grossier ») qui fût exploité pendant de nombreuses années pour de nombreuses constructions. Cette roche est caractéristique de la ville de Paris (Lutèce, de Lutetia en latin), d’où nom de « Lutétien ». Cette pierre est facile à travailler tout en étant solide et en ayant une bonne résistance au temps.
Pour en savoir plus sur l’exploitation des carrières, je vous invite à consulter cet article sur les carrières de pierre à bâtir

Reste d’exploitation de carrière

Dans le cas qui nous intéresse, La plupart de la carrière a été comblée par injection. Il ne reste que quelques parties non comblées possédant des puits d’aération ou d’extraction. La forte densification urbaine en surface est la principale cause de ces bourrages par injection. Cela va dépendre également de l’état du sous-sol et de ce qui va être construit au-dessus.

On descend par un puits d’extraction. En surface, cela ne donne qu’un petit puits qui fait tout d’abord penser à un puits d’aération. C’est en s’engouffrant dans la cavité que l’on découvre l’immensité de la circonférence de l’ouvrage. Vu d’en haut on a juste l’impression d’un immense puits. C’est en arrivant dans les derniers échelons de l’échelle que l’on découvre la carrière.

Arrivé en bas, on peut remarquer un puisard et un bassin d’eau près d’un pilier.

Des piliers tournés numérotés à la peinture rouge sont également présents. Plutôt que de combler cette partie de la carrière, des piliers en béton ont été rajoutés afin de pérenniser la solidité du sous-sol.

Piliers béton. La construction en surface se trouvant sous le pilier 3

Rajout de piliers en béton

Aucune trace de début de fontis ou d’un quelconque souci. Malgré une surface tout à fait intéressante, la nature humide de la carrière rend l’espace inexploitable. Si tout parait sec sur les photos, nous marchons bien dans la boue et à certaines périodes de l’année, l’ensemble du sol peut être rempli d’eau.

Inscriptions et dessins

Les quelques inscriptions retrouvées sur des piliers ou murs. Au vu de la calligraphie, elles semblent plus contemporaines que les dates énoncées dans les inscriptions.
je n’ai trouvé que 2 Maurice Lelièvre, l’un né en 1885 et un autre dont la date de naissance est absente.

Inscriptions sur le ciel de carrière

Outre les restes de vieux ballons, bouteilles de bière et en plastique on retrouvera un vieux sac de la marque Mammouth. Racheté en 1996 par le groupe Auchan, les magasins ont progressivement disparu.

Sources :

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Auteur

Exploratrice et photographe passionnée d’histoire, mon travail s’articule autour de 2 axes : la photographie documentaire et la photographie artistique. Je réalise des reportages sur les souterrains et lieux abandonnés dans un but documentaire et réalise des photos témoignages afin de garder une trace de ce patrimoine oublié. Mes séries de photos artistiques, réalisées dans des lieux abandonnés deviennent le décor de mises en scène où elle exprime son ressenti des lieux, les sublime et les fait renaître le temps d’une image, en mélangeant rêve et réalité afin de s’approprier le lieu.

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